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Entretiens > Frédéric Bénudis
Frédéric Bénudis
Ancien journaliste pour Nulle part ailleurs, cinéphile, et fan de Van Damme, Frédéric Bénudis est aussi le réalisateur des inestimables documentaires Dans la peau de Jean-Claude Van Damme et Vents d'âme, histoire d'un tournage. Il a accepté de répondre à nos questions, alors que le tournage du film JCVD, qu'il a co-écrit, vient de se terminer.

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JCVD
JeanClaudeVanDamme.fr - Pouvez-vous nous parler de votre découverte de l'acteur Jean-Claude Van Damme ?
Frédéric Bénudis - J'étais un énorme consommateur de films, aussi bien en vidéo (il n'y avait pas encore les dvd et je visionnais des VHS), qu'au cinéma. Je voyais également beaucoup de séries B, voire Z, j'étais amateur de cinéma d'action également… Forcément, lorsqu'on aime le cinéma d'action de série B, il arrive un moment où l'on croise automatiquement la route de Jean-Claude Van Damme. J'ai découvert Bloodsport, tout d'abord, puis d'autres films tels que ceux de Peter Hyams (Mort subite, Timecop) ou John Woo (Chasse à l'homme). Je me suis ensuite tourné vers ses films plus anciens, notamment ceux produits par la Cannon… Il faut rappeler qu'à l'époque, les vidéoclubs proposaient énormément de petits films de série B ou Z, provenant de petites sociétés justement comme la Cannon. J'ai vu des dizaines de films de kung-fu, des trucs avec des titres du genre Ping et Pong, que je louais chez Clarysse, un vidéoclub de Belleville, et que je relouais ensuite sans même le savoir sous un autre titre.
JeanClaudeVanDamme.fr - A quel moment l'avez-vous rencontré ?
Frédéric Bénudis - Dès l'époque de Canal+, en fait. J'étais journaliste cinéma pour l'émission Nulle part ailleurs, et pour Le Journal du cinéma. Il y a eu plusieurs rencontres, il a été invité plusieurs fois sur NPA, on l'a suivi sur plusieurs tournages, notamment celui de Légionnaire. On ne se foutait pas de lui, on le respectait vraiment et on l'invitait parce qu'il cartonnait à l'époque.
JeanClaudeVanDamme.fr - Y a-t-il des films de lui que vous retenez plus particulièrement ?
Frédéric Bénudis - Bloodsport, surtout… Je considère Bloodsport comme un excellent film. Bien au contraire d'un Chasse à l'homme, par exemple. Je trouve que la carrière américaine de John Woo est de toute façon totalement surestimée. Même son meilleur film américain, Vote face, a beaucoup vieilli.
JeanClaudeVanDamme.fr - Bizarrement, Chasse à l'homme a beaucoup moins vieilli que Volte face, je trouve…
Frédéric Bénudis - J'ai quand même du mal avec sa coupe de cheveux ! Puis il y a surtout le fait que Van Damme soit doublé durant tout le film, pour toutes ses scènes d'action, et ça me gène… J'aime par contre beaucoup Universal Soldier, un film d'action bien carré… Il y a quelques autres titres que je pourrais citer : Kickboxer, Full Contact, Double Impact, Mort subiteCyborg est en revanche totalement ridicule. Surtout, je retiens ses films tournés avec Tsui Hark… Le mélange d'humour et d'action qu'il y a dans Double Team, c'est excellent. De toute façon, Tsui Hark, c'est quand même le Spielberg chinois.
JeanClaudeVanDamme.fr - Et les films de Ringo Lam ?
Frédéric Bénudis - J'aime beaucoup Replicant, dans lequel il montre à quel point il peut être bon acteur. Par contre, je ne suis pas fan du tout de In Hell. Mais Ringo Lam sait diriger Van Damme… De toute façon, un acteur doit être bien dirigé. Van Damme est comme tout acteur : bien dirigé, il peut faire des merveilles. Le problème, ce sont bien souvent ses choix (de films, de scénarios, de metteurs en scène…). Parfois il choisit bien (Replicant), parfois il choisit très mal (Légionnaire).
JeanClaudeVanDamme.fr - Pourquoi ce documentaire Dans la peau de Jean-Claude Van Damme ?
Frédéric Bénudis - Il s'agissait de mon premier projet lorsque j'ai quitté Canal+. Après être parti pour diverses raisons, principalement parce qu'il arrive toujours un moment où il faut changer, aller voir ailleurs, j'ai monté ma société de production, et ce documentaire était tout simplement mon premier projet. A l'époque, il faut savoir que la presse commençait à bien taper sur Van Damme. Plusieurs sites internet reprenaient ses citations, les journaux se déchaînaient sur lui, et un bouquin (Parlez-vous le Jean-Claude) venait de sortir. J'ai alors suivi ce qui était la méthode Canal : prendre le contre-pied de ce qui se fait, de ce que pensent les gens. Van Damme étant dans une mauvaise passe cinématographique, ses films gagnant moins d'argent, ces phrases pullulaient d'autant plus un peu partout à la télévision ou sur le net. S'il n'avait pas connu cette baisse de régime dans sa carrière, les gens n'auraient pas vraiment fait cas de ses "vandammeries"… Avec Carole Thomé (co-auteur du documentaire), nous voulions montrer que Van Damme était avant tout un mec avec une vraie carrière, un mec qui a rempli les salles, a rapporté des millions de dollars à ses distributeurs et à ses producteurs, un mec qui tourne trois films par an, qui a importé plusieurs cinéastes asiatiques aux Etats-Unis… Au passage, ces cinéastes issus de cette mode asiatique se sont presque tous par la suite plantés : John Woo ne fait plus rien, Tsui Hark et Ringo Lam n'ont pas continué à travailler en Amérique. Le seul qui a encore du succès, c'est Ang Lee, mais il ne fait pas de cinéma d'action. Pour revenir à Van Damme, on se posait la question : pourquoi le limiter à ses petites phrases ou à ses échecs ? Ce qu'on voulait faire, c'est montrer tout simplement Van Damme, le matin, devant un café.
JeanClaudeVanDamme.fr - Ca changeait des reportages de l'époque.
Frédéric Bénudis - C'était systématique : chaque reportage commençait ou terminait par un plan de Van Damme entrain de contracter ses muscles. Il était hors de question de montrer ça dans notre documentaire. Si on voit ses muscles, c'est uniquement parce qu'il est à un moment dans sa salle d'entraînement. Aucune raison de les montrer, sinon. Si on avait fait comme les autres, on aurait réalisé un reportage pour Saga. Ce n'était pas notre but du tout.
JeanClaudeVanDamme.fr - Etait-il méfiant ?
Frédéric Bénudis - Il ne voulait absolument pas faire ce documentaire. Il nous disait de revenir dans six mois, que ce n'était pas le bon moment. Nous avons tout fait pour le convaincre, et sa mère aussi. Nous avons beaucoup échangé avec elle avant le tournage, d'ailleurs, afin de le convaincre d'accepter ce projet. Même une fois chez lui - il vivait aux Etats-Unis à l'époque -, nous sommes restés plus de trois heures dans sa cuisine à parler avec lui. Trois heures à discuter, pendant lesquelles nous avons établi une sorte de contrat moral : nous devions rester sincères avec lui.
JeanClaudeVanDamme.fr - Qu'avez-vous appris sur lui ?
Frédéric Bénudis - Qu'il s'agit d'un homme profondément humain… C'est sans doute ce qui le caractérise le plus. Il est très humain, très sincère, sans doute même trop gentil. Il le dit lui-même, il a été trop gentil, avec beaucoup de gens.
JeanClaudeVanDamme.fr - Y a-t-il des scènes que vous n'avez pas montrées ?
Frédéric Bénudis - Nous avions plusieurs heures de rushes, donc nous avons bien entendu fait un montage afin de conserver le principal. Chaque séquence (dans la salle de gym, chez son agent…) durait plus d'une heure, et il fallait à chaque fois en conserver une quinzaine de minutes, donc nous avons effectivement beaucoup coupé. Il n'y a en revanche aucune information importante qui a été coupée, sur ses projets, ses contrats, etc. Mais nous ne recherchions de toute façon pas le scoop, donc pas de soucis de ce côté-là. L'interview finale durait plus de 2h30, et nous avons du la réduire à une quinzaine de minutes, là aussi. Nous sommes restés en tout trois jours avec lui, donc nous ne pouvions pas tout montrer.
JeanClaudeVanDamme.fr - Pensez-vous qu'une personne l'a mal conseillé ?
Frédéric Bénudis - Pas seulement une personne ! Il a été très mal entouré. Il a trop fait confiance, il a été trop gentil avec beaucoup de monde. Il le reconnaît. Dès notre arrivée pour ce documentaire, il nous l'a dit : "protégez-moi". Aujourd'hui encore, il nous remercie pour ce travail effectué avec lui. J'étais sur le tournage de JCVD lundi dernier, et il m'en parlait encore. Au passage, je le connais depuis une dizaine d'années, mais je ne le tutoie que depuis l'année dernière. Il l'avait remarqué, le disait aux autres : "Frédéric ne me tutoie pas"… Je le respectais, et je lui demandais son respect en retour, mais nous n'étions pas potes, ce n'était pas le but. Maintenant, je le tutoie. Il y a un vrai respect mutuel, je pense.
JeanClaudeVanDamme.fr - Van Damme semble assez amer concernant certains projets qui lui tenaient à coeur (l'échec de Replicant, les abandons de The Monk, The Tower…). En avez-vous discuté depuis avec lui ?
Frédéric Bénudis - Amer, oui et non… Il peut être un peu amer quand un projet aussi personnel que The Tower, qu'il devait mettre en scène, ne trouve pas de financement, ou quand Replicant ne sort pas dans les salles américaines. Mais beaucoup moins pour les autres projets. Vous savez, les projets abandonnés sont le lot de toutes les stars de cinéma. Brad Pitt abandonne The Fountain, Travolta abandonne American Gigolo. Ca arrive toutes les semaines, à tous les acteurs, donc Van Damme n'en est pas plus amer que ça. Le projet tombe à l'eau, ok, au suivant. Il y a un énorme turn-over à Hollywood.
JeanClaudeVanDamme.fr - Je suppose que chaque information, chaque projet, est en plus gonflé au possible à cause du Net…
Frédéric Bénudis - Tout à fait. Des tas de projets passent entre les mains des cinéastes et des acteurs. C'est même parfois du n'importe quoi : Matrix a été proposé à Jean-Pierre Jeunet. Comme si les frères Wachowski allaient abandonner ce projet à un autre metteur en scène ! Puis la rumeur enfle, alors que le cinéaste ou l'acteur a juste reçu le scénario de la part de l'agent, parce que celui-ci a pour métier de lui proposer un maximum de projets.
JeanClaudeVanDamme.fr - Aujourd'hui, que lui souhaitez-vous ?
Frédéric Bénudis - J'espère que le film JCVD lui permettra de rebondir. Vous savez, il le dit lui-même, la vie est faite de cycles, et il en entame un nouveau… C'est un garçon assez spirituel. Mais sa véritable force, c'est cette capacité qu'il a à toujours se relever. Il reçoit des coups, il se relève. Lui ne donne pas de coup, mais il se relève. Il a des échecs, il se relève. Pour lui, pour ses enfants, pour sa famille, pour ses fans…
JeanClaudeVanDamme.fr - Que pouvez-vous nous dire sur le film JCVD ?
Frédéric Bénudis - Je ne tiens pas à en parler pour le moment. Il s'agit d'un film dont le tournage vient de terminer, donc il est encore un peu tôt. Puis il s'agit d'un film de Mabrouk El Mechri, c'est son film, ainsi qu'à la Gaumont. Ce n'est pas à moi d'en parler, et surtout pas si tôt. Sachez juste que j'ai vu les rushes la semaine dernière et… C'est extraordinaire, on n'a jamais vu Van Damme comme ça, il est totalement différent par rapport à ses autres films, et son jeu d'acteur est encore meilleur. Le film est très attendu, donc je n'en parlerai pas plus. Mais les rushes sont vraiment fabuleuses. Il va surprendre tout le monde.
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