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Entretiens > Monsieur Vandermeulen
Monsieur Vandermeulen
Auteur de l’Initiation à l’Ontologie de Jean-Claude Van Damme, Monsieur Vandermeulen revient sur les différents concepts développés dans son livre, et explore pour nous la personnalité de Jean-Claude Van Damme. Tantôt déroutante, tantôt ironique, sa pensée, qu’il exprime dans un langage soutenu, n’en reste pas moins respectueuse de l’acteur, pour lequel il avoue avoir une certaine tendresse. L’entretien qui suit vous semblera parfois moqueur envers Van Damme. Si tel est le cas, relisez-le. Car Monsieur Vandermeulen, dans la très belle conclusion de son livre (sur laquelle il revient ici), exprime finalement ce que nous pensons tous : à savoir que ceux qui se moquent de Van Damme… n’ont tout simplement jamais pris le temps de l’écouter et le comprendre.
JeanClaudeVanDamme.fr - Quand avez-vous décidé de vous lancer dans l’écriture de ce livre sur Jean-Claude Van Damme ?
Monsieur Vandermeulen - La rédaction de mon étude s’est échelonnée tout au long de l’année 2003. Mais il me faut toutefois préciser une chose quant à la genèse de cet essai : car la première mouture de ce texte était en fait offerte en libre consultation sur Internet sur le site de mon éditeur 6 Pieds sous terre et ne devait aucunement devenir un livre. C’est seulement parce que la fréquentation du site connut une recrudescence subite et jamais vue que mes éditeurs m’ont convaincu d’adapter mes notes pour une publication papier.
JeanClaudeVanDamme.fr - Que saviez-vous de l’acteur avant la rédaction du livre ? Aviez-vous par le passé suivi sa carrière et/ou vu certains de ses films ?
Monsieur Vandermeulen - Non, je ne connais pas la filmographie de M. Van Damme. J’ai néanmoins visionné quelques-uns de ses films : son premier court métrage Travelling, où il apparaît en ombre chinoise pendant sept secondes, (ou 14 secondes, si l’on prend en compte le passage de son nom dans le générique) ; un film américain dans lequel il partage l’affiche avec l’emblématique Hans Lundgren (plus connu sous le nom de Dolph Lundgren) ; un autre film, dont le titre m’échappe et dans lequel M. Van Damme arborait tout du long un béret d’un bleu très électrique (la vision de ce film s’est faite dans un festival en présence d’un public acquis à sa cause et particulièrement démonstratif, osant même le dialogue avec l’écran – une expérience très intéressante et fondamentale pour moi) ; et quelques menus extraits de ses premiers longs métrages, choix qui se résume à une suite de courtes performances physiques. Ceci a amplement suffit à mon étude.
JeanClaudeVanDamme.fr - Si je comprends bien, les deux seuls longs-métrages que vous avez vus sont Streetfighter et Universal Soldier, ses deux plus grands succès mais également, paradoxalement, deux films assez anodins, voire carrément lamentable pour le premier, dans sa carrière. Justement, bien que votre livre n’ait certes pas pour objectif de devenir un concentré d’analyse filmique, ne pensez-vous pas que cette lacune a pu fausser vos impressions si ce n’est vos arguments ? Cette question ne concerne d’ailleurs pas que Van Damme (qui a par exemple tourné pour Tsui Hark, sans conteste l’un des plus grands metteurs en scène au monde), mais également Sylvester Stallone (excellent scénariste et réalisateur), Arnold Schwarzenegger (acteur limité, mais qui a su s’entourer lui aussi de quelques cinéastes prestigieux tels que James Cameron, John McTiernan ou Paul Verhoeven, et redéfinir les bases du cinéma hollywoodien), etc. Or, vous semblez, et j’espère que vous me pardonnerez cette petite critique, mettre tout le monde dans un même sac, celui d’un cinéma d’action que vous hésitez, sur la 4è de couverture même, à désigner par le terme de "cinéma".
Monsieur Vandermeulen - Je perçois l’étonnement dans votre question et j’espère que la formulation d’une simple et courte réponse réussira à apaiser votre désarroi. Car je me vois dans l’obligation d’esquiver l’essentiel de votre question étant donné que mon approche du phénomène Van Damme est essentiellement scientifique. Cette approche méthodologique, parce que la vérité est son seul principe régulateur, demande avant tout qu’elle se dégage de tout jugement de valeur, ou, pour vous le formuler autrement, c’est la valeur scientifique dans le cas qui m’occupe qui doit primer sur toutes les autres. Lorsque vous m’énumérez une suite de personnages, qui semblent par leurs actions être des entrepreneurs de la production cinématographique contemporaine – et que par ailleurs je ne connais aucunement – vous commentez mon étude en chargeant votre discours de non-valeurs extra-scientifiques qui polluent notre dialogue et le décomposent en strates langagières qui ne sauraient trouver leur point de jonction. Comprenez-moi bien, votre question est dénué de sens non pas parce que les mots qui la composent, tels que "John McTiernan", "Tsui Hark" ou "James Cameron", sont des mots dénués de sens, mais bien parce que c’est toute votre phrase, dans le contexte concerné, qui développe un non-sens. Cela de la même façon que vous me diriez "Van Damme est un nombre premier", voyez-vous ?
Je ne peux donc entrer dans le débat que vous me présentez et vous accompagner dans les convictions qui sont les vôtres quant aux supposées valeurs ajoutées de tels ou tels produits cinématographiques dans lesquels M. Van Damme serait apparu en tant qu’acteur. C’est par ailleurs sur base de ce même principe que je me refuserai à distinguer des différences entre telle ou telle forme cinématographique, l’une de celle-ci inclurait-elle en son sein ce que l’on appelle les acteurs de combats hollywoodiens dont font partie MM. Van Damme, Stallone ou Schwarzenegger.
JeanClaudeVanDamme.fr - A vrai dire, il s’agissait plus d’une inquiétude que d’un réel étonnement. Inquiétude que la vision de ces deux films ait pu, d’une façon ou d’une autre, influencer votre argumentaire. Votre réponse ci-dessus, notamment quand vous expliquez que "la valeur scientifique doit primer sur toutes les autres", me rassure donc sur ce point et sur vos intentions.
Monsieur Vandermeulen - Oui, voilà, c’est exactement cela, je ne saurais vous le formuler autrement. Bien entendu, pour parler de la métaphysique vandammienne, j’aurais très bien pu visionner l’intégralité de la filmographie de M. Van Damme, en partant de la supposition que le travail de l’acteur hollywoodiste renferme une contradiction interne qui en fait une énigme de la philosophie de l’art. Mais cette position était pour moi difficile à tenir car telles que les performances de M. Van Damme nous sont (re)présentées dans les fictions hollywoodiennes, il est manifeste que celles-ci détiennent le pouvoir interne et magique de nous faire l’effet de ressembler à des expressions spontanées jaillissant du fond de l’être et du tempérament de M. Jean-Claude Van Varenberg, et par là, nous faire croire à la conséquence d’une vie immédiate, déterminée par elle-même et par les destinées représentées. Mais n’oublions jamais, et c’est là une des puissances de l’art cinématographique que les fans de Jean-Claude Van Damme ont tendance à oublier, n’oublions jamais que ses "vies vandammiennes" qui nous sont représentées à l’écran s’expriment en réalité à partir d’un contenu donné qui a été formé ailleurs, par des agents extérieurs que l’on appelle scénaristes, dialoguistes ou producteurs. S’il est exact que les paroles et les actes de ces agents extérieurs sont bel et bien reçus par la sensibilité et le comportement personnel et autonome de M. Van Damme, gardons toujours à l’esprit que M. Van Damme n’y ajoute pas obligatoirement sens et cohérence. D’où mon extrême prudence quant à l’œuvre cinématographique de M. Van Damme.
JeanClaudeVanDamme.fr - S'il y a bien entendu une part d’ironie souvent assez mordante dans votre livre, on sent également poindre une certaine forme de tendresse pour l’acteur. Aussi bien dans les qualités que vous semblez lui reconnaître (l’ambition, la ténacité, par exemple) que dans le parti-pris (formulé dés l’incipit du livre) de ne pas retranscrire dans vos pages les nombreuses citations de l’acteur. Citations qui pourtant pullulent sur le Net et que certains éditeurs n’ont pas hésité à compiler dans des livres assez mesquins. Quel est votre ressenti vis-à-vis de l’acteur ?
Monsieur Vandermeulen - Il est exact que j’éprouve plutôt une certaine tendresse pour M. Van Damme, je n’ai en tout cas pas de raison particulière de lui formuler une quelconque animosité. A vrai dire, tout au long de l’étude que je lui ai consacré, ou, pour être plus précis, tout au long de l’étude que j’ai consacré au phénomène Van Damme – car c’est bien de cela qu’il s’agit – je n’ai pas éprouvé de ressenti particulier envers mon sujet. Le phénomène Van Damme était l’objet même de mes recherches et la personne de M. Van Damme entrait de ce fait dans mon domaine d’investigation. J’aime à rappeler que mon ouvrage s’attarde sur la pensée de M. Van Damme et sur le "phénomène Van Damme" qui en découle plutôt que sur l’homme en tant que tel, c’est un distinguo important qui permet de dissoudre de nombreux malentendus.
Quant aux compilations d’aphorismes qui ont vu le jour sous forme de petits recueils habilement construits pour rencontrer de très larges succès, il va sans dire que mon Initiation à l’Ontologie ne s’inscrit pas dans une telle continuité. Je n’ai jamais eu l’intention de me construire un succès aux dépens de M. Van Damme, et je vous remercie de souligner pour moi cet aspect des choses. Il va sans dire également que les ouvrages que vous évoquez et qui ont pour la plupart tous connu une mise en place antérieure à la publication de mon étude n’ont pas manqué de jeter sur celle-ci leurs ombres funestes ; on associe encore bien trop souvent mon travail à ce type d’anthologies immorales, et une suspicion généralisée continue à faire ses effets au sein d’un public peu averti. Mais ceci est assez compréhensible et nous n’avons jamais jusqu’ici, mon éditeur et moi-même, pris l’initiative de communiquer sur ce malentendu, et je ne pense pas que nous le ferons un jour.
JeanClaudeVanDamme.fr - Pensez-vous que ces compilations d’aphorismes ont pu jeter un discrédit non seulement sur votre livre, mais également sur ce que vous désignez par "phénomène Van Damme" ? Qu’au lieu de réellement tenter de comprendre les différents concepts expliqués dans votre livre (la pensée "aware", l’origine des "species"…), les différents médias ont contribué à la banaliser, voire à la complexifier, la rendant ainsi totalement opaque aux yeux du public bien trop prompt à la moquerie ?
Monsieur Vandermeulen - Je ne pense pas qu’un phénomène de complexification ait pu se développer dans la transmission médiatique de la pensée vandammienne. Car, rappelons-le, ce qui fait l’une des plus belles particularités de la pensée de M. Van Damme, qu’elle soit formulée au travers d’une construction d’aphorismes ou par le biais de formulations plus complexes (je veux parler des aphorismes qui, entrecoupés par la concentration limitée du sujet qui les énonce, développent des digressions méta-langagières notables), cette pensée demeure une pensée rare qui se distingue de par sa pureté énonciative et une propension conductrice hors du commun.
Mais votre question soulève sans le savoir un problème philosophique majeur, que Frege déjà en son temps avait relevé, et qui consiste pour le logicien allemand en ce que la pensée n’appartient qu’à elle-même, ou, pour le formuler ici plus clairement, n’appartient à aucun esprit en particulier. Cela, à la grande différence de la représentation (représentation que l’on retrouvera agissante dans le médiatique, par exemple) qui elle est toujours la propriété d’un esprit individuel et qui, de fait, érode la pureté énonciative. Celui qui rit de Van Damme sera le même pour qui une forme poétique très codifiée telle qu’un haïku restera incompréhensible, par exemple ; le médiatique n’est pas selon moi agissant dans un tel contexte.
JeanClaudeVanDamme.fr - Au sujet du risible, j’ai d’ailleurs été très sensible à un point formulé par M. Hectoroff, repris dans les toutes dernières pages du livre : "Nous savons tous que ce qui compte surtout pour expliquer le fait qu’une maladie paraisse risible ou non, c’est l’angle sous lequel elle est considérée. (…) Si la philosophie reste étrangère pour l’amateur de film de combat hollywoodien, le rire, aussi bien d’ailleurs qu’un certain nombre d’autres émotions, devient possible. Voila pourquoi, semble t-il, les spécialistes qui se sont penchés sur le cas de M. Van Damme, ne trouvent rien de drôle chez lui, comparativement à la majorité".
Monsieur Vandermeulen - Oui, c’est exact, mon collègue et ami hongrois, le docteur Hectoroff, s’est penché un temps sur la réception des formulations vandammiennes au sein des différentes couches sociales et ses recherches furent d’une importance majeure pour beaucoup de personnes qui se sont intéressées au phénomène, d’autant qu’elles ont permis de surligner un nouveau type de rire qui jamais n’avait fait l’objet d’aucune étude et dont l’on sait à présent que l’existence même semblait avoir été ignorée par les psychologues, je veux bien entendu parler du risible stéréotypé que l’on décèle principalement chez les personnes en contact avec la communication de penseurs hollywoodistes, et Jean-Claude Van Damme, bien entendu, n’échappe aucunement à cette définition puisque l’on s’accorde à avancer de façon maintenant à peu près certaine que M. Van Damme s’est inscrit de façon durable dans l’imaginaire collectif comme l’un des étalons centraux du courant hollywoodiste. Pour tenter de vous expliquer la théorie de M. Hectoroff, je vous la simplifierais en vous disant que, selon M. Hectoroff, le rire stéréotypé est généré par une suite de réflexes conditionnels plus ou moins complexes, souvent produits par la multidiffusion médiatique, et qu’à force d’avoir si souvent ri de maintes plaisanteries dont M. Van Damme a fait les frais, d’avoir si souvent vu certains médias tourner l’acteur belgo-américain en ridicule à ses dépens, un processus s’est finalement crée qui veut que l’on fini par avoir envie de rire au seul noms prononcés de Jean-Claude Van Damme, ou encore à de noms tels que Lundgren, Christopher Lambert ou Sheeta. Il va de soi que – et vous le soulignez très à propos – la congrégation scientifique dont M. Hectoroff et moi-même faisons partie, ne saurait quant à elle être sensible aux mécanismes du rire stéréotypé et encore moins aux effets produits par les absurdités et les dégradations sémantiques (ce que M. Hectoroff a appelé le Grand Imprévu), cela pour la simple et bonne raison que nous sommes, en tant que philosophes et scientifiques qui nous penchons sérieusement sur la signification de l’énigme vandammienne, dans une démarche active, qui interdit toute imperméabilité aux processus que développe le rire stéréotypé. Cela est si vrai que le docteur Hectoroff, que j’ai croisé dernièrement à l’université de Chester, en Nouvelle Angleterre, me disait, alors qu’il a depuis longtemps délaissé la question vandammienne pour se concentrer principalement sur la sociologie du droit chez les Inuits, que la récente relecture de mon ouvrage sur l’ontologie vandammienne lui avait causé, à son premier étonnement, une suite importante d’éclats de rire. L’on pourrait penser qu’une telle annonce puisse me piquer, mais en réalité il n’y a là rien d’autre que de très normal : c’est l’un des effets les plus connus de la théorie du rire stéréotypé : si l’on s’intéresse à M. Van Damme, rien ne nous paraîtra drolatique ; mais attention au relâchement…
JeanClaudeVanDamme.fr - Vous parlez, dans un des chapitres de votre livre, de la "salle d’accueil du fan-club de Steven Seagal". Comment imaginez-vous celle du fan-club de Jean-Claude Van Damme ? Etes-vous d’ailleurs allé à la rencontre des fans (de ses films et/ou de sa pensée) ?
Monsieur Vandermeulen - Encore une fois, mon travail ne consiste pas à imaginer et pensez bien que je ne m’avancerai pas dans une comparaison entre fan-clubs. Ceci étant dit, je suis en effet, dans le cadre de mon étude, entré en contact avec plusieurs personnes qui se qualifiaient elles-mêmes de "fans de Jean-Claude".
JeanClaudeVanDamme.fr - Pouvez-vous revenir sur le "Principe A.M." ("Aware Mutation") et l’expliquer à nos lecteurs ?
Monsieur Vandermeulen - Vous abordez là un des éléments les plus importants du concept aware tel que j’ai essayé de le définir dans mon ouvrage. La chose n’est pas aisée à expliquer mais je vais néanmoins tenter de donner à votre question une réponse claire et pas trop imbitable. Avant tout, pour comprendre ce que principe A.M. veut dire il faut se souvenir de la définition liminaire qu’en a faite le docteur de Bricmont dans son livre intitulé Aware & Logic, à savoir que M. Van Damme ne peut être envisagé comme un être élémentaire (immanence animale), ni double (corps & esprit), mais qu’il est bel et bien ce que l’on peut appeler un être triple (Jean-Claude Van Damme est aware), c’est à dire qu’il est à la fois être physique, être sociétal et être psychique. Inutile de souligner à vos internautes l’aspect absolument messianique d’une telle trinité ; bien entendu, ceci saute à la conscience. C’est ainsi que, tout en subissant les déterminations qui lui arrivent de son corps (de sa bodily envelope), et celles qui peuvent lui venir de l’environnement social dans lequel il évolue (le Monde des Species), Jean-Claude Van Damme est en réalité capable, en tant qu’être aware, de dépasser sa perception (son spirit), de l’assumer, voire même dans certains cas, et c’est ici que nous en arrivons à la découverte de ce que M. de Bricmont a dénommé le principe Aware Mutation, d’en établir une synthèse propre et exclusive. Pour le formuler autrement et prolonger la définition de ce principe complexe, je dirais que la fonction du principe A.M. vandammien établit entre les trois corrélats majeurs du système vandammien que j’expose tout au long du cinquième chapitre de L’Ontologie (c’est à dire la bodily envelope, le Monde des Species et le (ou la) spirit), une immixtion dans l’état du sujet résolument chaotique et paralogique. Ce sont ces trois conditions, interactives et indissociables qui font de Jean-Claude Van Damme l’être aware tel qu’il nous est (re)présenté. C’est à partir de ce postulat que j’ai pu donc dire que le concept aware est une sorte d’instinct élargit, emphatique, comme un instinct devenu conscient de lui-même, capable de "réfléchir" sur son propre objet et de l’élargir de façon parfois considérable. De Bricmont le souligne d’ailleurs très bien quand il dit que : "Le principe Aware Mutation quand il s’installe dans le mouvant et adopte la vie même du réel n’est plus du tout un principe relatif aux choses car il devient, de fait, un principe absolutiste."
Je me rends compte, bien entendu, de l’immense difficulté qui existe à tenter de simplifier l’idée du principe A.M. Peut-être que la façon la plus adéquate pour illustrer ce que peut être le principe A.M. consisterait finalement à revenir sur ce que l’on a appelé la théorie vandammienne de la Balustrada, je veux parler de ces moments très rares et privilégiés où l’on a pu voir M. Jean-Claude Van Damme effectuer des sortes de grand-écarts en total équilibre sur des balustrades métalliques. Il faut savoir que ces figures ne se résument pas à de simples exploits propres à la gymnastique, car l’on sait depuis que lorsque M. Van Damme effectue ce que l’on appelle une Balustrada, celui-ci en profite en réalité pour connecter son A.M. sur la balustrade et il transduit littéralement au moyen de cette action des signaux biochimiques variés au sein de la composition moléculaire de la balustrade (ce qui, bien entendu, provoque des séquences chaotiques absolument troublantes, qui laissent encore aujourd’hui la communauté scientifique internationale dubitative et perplexe). Pour le dire autrement, le principe A.M. est ce qui aide Van Damme quand il effectue une figure gymnique telle que la position de la Balustrada, à se placer à l’intérieur même de l’objet sur lequel son principe A.M. est fixé. Pour simplifier à la limite de la caricature, je dirais que le principe A.M. est ce qui l’aide à devenir, le temps d’un instant X, une balustrade lui aussi.
JeanClaudeVanDamme.fr - Que se passe t-il lors de la rencontre entre un sujet vandammien qui a atteint son A.M. et un autre (lundgrenien, par exemple) qui en est encore éloigné ? Y a-t-il un "clash" inévitable comme ce fut le cas, du moins selon certaines sources, entre Jean-Claude Van Damme et Dolph Lundgren sur le tournage de Universal Soldier ?
Monsieur Vandermeulen - Nous ne savons à l’heure actuelle ce que ce genre de rencontre peut donner, nous sommes toujours en pleine projection théorique. Tout laisse à penser que nous ne devons pas nous inquiéter outre mesure puisque nous n’avons pas remarqué de "clash" particulier durant les semaines du tournage de Universal Soldier. Mais Lundgren reste encore aujourd’hui une véritable énigme scientifique. La pensée lungrénienne, qui paradoxalement est essentiellement véhiculée par ce que l’on a appelé les codifications de Lundgren, sortes de codifications gymniques complexes dont on ne sait toujours pas aujourd’hui si elles veulent dire quelque chose, est l’une des pensées les plus sèches et arides qui soient, ce n’est d’ailleurs pas par hasard si on l’a baptisée pensée stérile. La grande question qui se pose en ce qui concerne Lundgren c’est pourquoi n’a-t-il jamais réussi à outrepasser les limites que sa doctrine lui impose et surtout : arrivera-t-il à le faire un jour ? On peut réellement s’inquiéter de cela et se demander sérieusement ce qu’il arrivera le jour ou Lundgren atteindra son principe A.M. Mais nous faisons ici de la fiction scientifique et je ne voudrais pas faire peur vos lecteurs.
JeanClaudeVanDamme.fr - L’une des révélations les plus surprenantes de votre livre, passionnante car elle concerne et intéresse très probablement aussi bien les théoriciens de la pensée vandammienne, que les "fans de l’acteur et du sportif", est sans doute "l’énigme Balustrada". Pouvez-vous nous en parler et surtout évoquer pour nous les sentiments et/ou impressions qui ont été les vôtres lorsque vous avez, pour la première fois, pris connaissance de cette révélation ?
Monsieur Vandermeulen - Ce fut un instant tout à fait bouleversant en effet ; l’un de ces rares moments que tout scientifique espère connaître un jour. Je pense que M. John Franckie Lyofåne a connu ce genre de moment exceptionnel lorsqu’en hiver 1991 il a découvert les incroyables incohérences que proposaient les résultats de l’encéphalogramme de M. Van Damme. Jamais je pense je n’oublierai le regard de ce M. Lyofåne lorsqu’il me raconta comment il fut mis en face du graphe du scanner, et que celui-ci, au lieu d’être continu, comme tout graphe d’électroencéphalogramme demande à l’être, proposait au contraire quelque chose de discontinu et donc de résolument nouveau, le crayon ayant réussi à se lever et à proposer des points sur d’autres plans. Cela ne surprendra peut-être pas tous les internautes qui nous lisent et qui ne sont probablement pas rompus à l’analyse des graphes, mais il faut bien comprendre qu’un graphe discontinu est une chose absolument insensée ! M. Lyofåne comprit d’ailleurs directement qu’il était en présence d’une fonction dérivable et que le scanner de M. Van Damme nous plongeait ni plus ni moins dans les complexités de la théorie des catastrophes ! Une conclusion des scanners qui depuis à divisé toute une partie de l’élite neurologique internationale puisque l’on pense être désormais certain que M. Van Damme est sujet à de nombreuses congestions cérébro-spinales. C’est par ailleurs, je ne vous l’apprends pas puisque vous avez lu mon livre avec beaucoup d’attention, la découverte d’antimatière dans la masse encéphalique de M. Van Damme qui a été le véritable fil d’Ariane qui conduisit à la théorie de la Balustrada.
JeanClaudeVanDamme.fr - Pour finir, alors qu’approche à grands pas l’anniversaire de Jean-Claude Van Damme (il aura en effet 48 ans le 18 octobre prochain), et que votre livre a bien du créer entre vous, d’une manière ou d’une autre, une sorte "d’intimité virtuelle", que pourriez-vous lui souhaiter : aussi bien d’un point de vue scientifique que cinématographique, personnel, etc. ?
Monsieur Vandermeulen - Vous avez raison de parler d’une sorte d’intimité virtuelle car lorsque l’on décide de se pencher de façon aussi intense et sérieuse sur un cas tel que M. Jean-Claude Van Damme, des phénomènes occultes, magiques et en quelque sorte compassionnels s’instaurent inévitablement. Toutefois, votre question m’embarrasse un petit peu car je ne saurais véritablement souhaiter quelque chose pour le futur de M. Van Damme. Non pas que je veuille profiter de votre question pour formuler à M. Van Damme une quelconque impolitesse, ce serait malvenu et cela ne refléterait aucunement mes sentiments, mais plutôt parce que je ne pense pas que ceci ait un grand sens. Cela parce que M. Van Damme est selon moi déjà sorti de l’Histoire et qu’il est désormais un personnage que l’on se doit de considérer comme un être ahistorique. Rappelons-nous le précepte 5876-B (1998) : "Un plus un égale un. Il y a Jean-Claude, il y a Dieu, dans le même corps. " Cette déclaration est l’une des premières qui a conduit M. Van Damme à s’inscrire dans un processus que j’appellerais cosmophagique. Nous ne saurions souhaiter des choses à M. Van Damme car nous ne saurions accompagner M. Van Damme sur un plan historique : la pensée aware est une pensée englobante qui ne s’inscrit nullement dans l’histoire de la philosophie traditionnelle. M. Van Damme ne s’oppose pas à la philosophie occidentale, jamais on ne l’a vu se situer par rapport à Platon, Marx ou Kant, il refuse systématiquement de s’inscrire dans l’Histoire ! Pour comprendre cette position, il faut se rappeler ce que Bergson nous disait : "Philosopher, c’est dire non aux philosophies préexistantes". On peut dire que M. Van Damme ne s’intéresse pas à la tradition philosophique qui s’inscrit dans le courant universel historique, il y a un abandon de l’acquis philosophique assumé et réellement agissant chez lui : la pensée aware n’est pas historique, elle est cosmose, elle n’entend rien à la notion de continuité, mais, au contraire, elle englobe, absorbe, engloutit puis dissout l’Histoire, effectue des transductions complexes et illimitées, ceci grâce à ses deux principes agissants, qui proviennent d’une part d’une personnalité vandammienne d’ordre divin qui assigne une fin éthique à l’évocation du monde (conception du Monde des Species), d’autre part d’une force matérielle inhérente à l’homme (principe A.M.), être triple et cosmophage donc, qui règle ni plus ni moins le mécanisme de l’évolution de l’Univers. Autrement dit, c’est la loi de l’équation ahistorique qui dit : Van Damme croit en Dieu car Dieu est Cosmos et Cosmos est Van Damme car Van Damme est une balustrade.
JeanClaudeVanDamme.fr - M. Vandermeulen, je vous remercie pour votre disponibilité, et vous souhaite une excellente continuation dans vos projets.
Monsieur Vandermeulen - Mais, c’est moi, cher Monsieur.
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